Le SM Caen s'est offert le droit de jouer deux nouvelles finales après avoir battu une vaillante équipe de Sochaux. Au-delà de la victoire (2-0), c'est une excellente opération comptable que Malherbe a effectué en passant son adversaire du soir au classement mais aussi Saint-Etienne, tenu en échec sur sa pelouse par le TFC. Pour couronner le flot de bonnes nouvelles, un nouveau compagnon d'infortune est venu s'inviter à la lutte pour la survie : Le Mans, battu par les leaders bordelais.
Il régnait comme une odeur de souffre au stade Michel d'Ornano ce samedi soir. Le 16ème du championnat venait défier le 18ème armé de 2 points d'avance à l'entame de la rencontre. Les deux équipes étant concernées par la zone rouge, le duel s'annonçait engagé et nerveux. Ce fut d'ailleurs sur un fait de jeu litigieux que le stade se réveilla. Après dix minutes d'observation, et après une première alerte suite à une tête de Yatabaré consécutive à un corner et miraculeusement repoussée par Richert, ce fut une nouvelle attaque de Steve Savidan qui déclencha l'ire du public. L'attaquant normand partait seul au but, peut être en position de hors-jeu et semblait déséquilibré par le dernier défenseur doubiste, Afolabi. Hors-jeu ou carton rouge ? Dans la confusion de l'action Monsieur Enjimi décida de ne rien siffler.
Au quart d'heure de jeu suite à une faute sochalienne sur Ben Khalfallah, les caennais se montraient dangereux sur coup franc. La tentative cadrée de Barzola était malheureusement détourné par Richert. Sochaux parvenait également à s'approcher des buts de Planté. Petite frayeur après une jolie combinaison entre Sverkos et Martin, heureusement la tentative n'était pas cadrée. A la 25ème minute de jeu, Sverkos décocha la seule frappe cadrée des visiteurs en première période. La dernière situation marquante de cette première période fut un but justement refusé à Lemaître, la faute à une position de hors jeu. Dommage, la talonnade du latéral normand à la Madjer aurait fait un bien fou aux rouges et bleus...
Les caennais paraissaient tétanisés par l'ampleur de l'enjeu au retour des vestiaires. Les joueurs de Sochaux se procuraient deux énormes occasions de tuer les derniers espoirs de maintien du Stade Malherbe. Ce fut d'abord un centre de Jokic pour Perquis seul au point de penalty qui plongea le public dans la terreur, Planté captait miraculeusement la frappe. Ensuite, ce fut un contre meurtrier d'Erding qui échoua sur le poteau. Caen frisait l'enfer, Sochaux dominait et Malherbe gambergeait. Sochaux poursuivait ses efforts par l'intermédiaire d'un intenable Dalmat. Le milieu sochalien trouvait même la barre transversale de Planté sur un coup-franc terrible. A ce moment du match Caen paraissait condamné à faire le grand plongeon, surtout qu'à Geoffroy Guichard les verts menaient 2-1 et faisait bouillir le chaudron.
Au football, le vent peut tourner rapidement, et ce soir l'espoir changea de camp à un quart d'heure du terme de la rencontre. Steve Savidan sonna le vent de la révolte en lobant Richert d'une talonnade astucieuse, le stade explosait et venait de retrouver son attaquant vedette. Sochaux ne méritait pas de perdre et aurait pu égaliser suite à un centre de Maurice Belay pour Isabey mais le remplaçant lionceaux s'emmêlait les crayons. Caen parvenait à creuser un écart définitif à la 90ème minute sur une nouvelle tentative de Savidan. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, Toulouse égalisait au même moment à Saint-Etienne.
Plus rien ne pouvait arriver aux caennais, Steve Savidan retrouve un état de grâce au meilleur moment de la saison, un retour sous les feux des projecteurs qu'il faudra confirmer à Lyon puis ici même face à Bordeaux dans quinze jours. Mais comme le bonheur est rare, il n'y aura pas de place à la fête pour les Normands et les Girondins le 30 mai prochain, sauf si Marseille s'écroule avant... Dans ce cas, Caen pourrait se sauver et Bordeaux se voir consacrer, le Stade Michel d'Ornano n'a encore jamais été le théâtre d'un enjeu aussi colossal. Ce championnat est décidément passionnant par toutes ses extrémités, verdict dans quinze jours.